Twitter dévore les billets ? Et alors ?
Il m’avait semblé que les blogueurs, du moins une bonne partie des blogueurs médias et technologie que je mentionne souvent, écrivaient moins ces derniers temps. Jean Véronis semble le confirmer et propose une explication : les foutus gazouillis de Twitter auraient phagocyté le temps de rédaction de billets et même (dit-il) de commentaires.
Twitter a-t-il donc écorné, essoufflé la blogosphère en lui rognant une partie du temps que l’on passait à bloguer ? Est-ce que Twitter c’est tromper ? Et finalement, est-ce bien grave ?
Pourquoi le blogueur n’est pas un journaliste (2)
Voici la suite de l’analyse des différences entre blogueur et journaliste débutée ici. Encore une fois, les idées seront thématiques.
Il y a deux différences très profondes entre le journaliste et le blogueur : la dimension temporelle de ce que chacun produit et la relation qui se crée autour du contenu.
L’effet papillon : de la sélection des billets
Overclocking, surbooking, surfchauffe, pléthore, foultitude, noyé sous la masse. Ou n’importe quel mot en -ing pour faire chic. Quand on a la capacité de concentration d’un papillon touche à tout curieux sous acide, qu’on est submergé par l’intérêt, qu’on fonctionne par étincelle qui signale l’embrasement cérébral jusqu’à explosion finale, tenir un blog c’est l’enfer.
Tempus fugit, ce salaud…
Tenir un blog c’est prenant, chronophage, ça mange une vie, tous les blogueurs qui mettent en ligne au moins un billet vraiment rédigé par semaine le disent. Parce qu’il faut : avoir l’idée, trouver le format pour l’exprimer, trouver les mots, faire un premier jet, faire des corrections, ajouter les éventuels liens et références…
Buzz !
Michael Arrington a raté le premier avril mais nous offre sur Tech Crunch un bel exemple de buzz avec son billet “Twitter !“.
Il y a parfois dans la vie de grands moments de solitude
[mode états d'âme on]
Ce n’est pas évident de rédiger un premier billet. Enfin, si. Sauf qu’on a des milliers de choses à dire, que hiérarchiser l’importance de tous ces éléments qu’on voudrait tant dire est difficile parce que sur le moment tout semble important. Les questions existentielles fusent de toute part : et de quoi je vais causer, et comment je vais me présenter, et si je la faisais façon “à propos de”, et si je commençais par les raisons qui me poussent à écrire des billets dans un blog, et comment je m’y prends…
En fait, j’oscille entre l’angoisse du “billet blanc” (je n’ai pas trouvé de bon équivalent numérique à la “page blanche”) et l’hésitation légitime de celui qui sait ce qu’il veut et pour cela doit décoller un oursin du bout des doigts : sans trop savoir par quel bout commencer. Un premier vrai billet sans introduction, ça me parait brutal et indélicat, comme une grosse claque dans le dos qui se voudrait conviviale mais intervient seulement 2 minutes après les présentation (et qu’a priori on n’a pas gardé les cochons ensemble).
Il y a bien la solution de tirer à la ligne pour faire du remplissage et finir en pirouette, mais à quoi ça sert ? Ou un collage improbable façon panorama de ce qui se fait pour une “toute première fois”. Il existe bien des recueils de préfaces, eux-même préfacés…
Un peu désemparé, j’ai tout de même regardé quelques “premiers billets” d’autres blogueurs, il semble qu’ils aient en grande majorité opté pour le grand plongeon immédiat mais moi je ne peux pas. Pudeur, peut-être.
Alors il reste la liste, c’est rébarbatif et sec, jamais satisfaisant côté ordonnancement non plus. Je n’ai trouvé que ça.
- Moi : l’auteur. (Ah bon ?)
- Ma vie : comme tout le monde je veux.
- Mon œuvre : la société, Internet, les NTIC en général, les médias anciens et nouveaux, l’actualité sur tous les fronts, ce qui me passe par la tête (et y’en a).
Pour ce qui est de la catégorie de ce billet, à nouveau mis devant un choix cornélien, j’ai opté pour une solution simple et efficace : toutes. Choisir, c’est renoncer, et renoncer c’est éliminer. Finalement, je crois que la tiens, ma pirouette : j’ai choisi de ne pas choisir, et renoncé à renoncer.
Bienvenue. Merci. A bientôt.
[mode états d'âme off]
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