Les commentaires sont des débats comme les autres, il leur faut un animateur
Les commentaires sont un élément complexe à gérer pour les médias en ligne. Ce qui relevait à l’origine de l’espace d’expression, de réaction, vire un peu au cauchemar. Quand les contributions des visiteurs sont trop nombreuses, la conversation devient finalement un brouhaha dans lequel il devient difficile de faire le tri entre ce qui est participatif et constructif de ce qui est sans grande valeur. Le rôle du community manager n’est pas aisé, puisqu’il doit laisser les gens s’exprimer en accord avec la charte établie par le média et en respect de la loi sans passer pour un vilain censeur et parfois en riant de flatteries potaches de Fatals Flatteurs. Sauf quand le community manager est débordé, ou quand la rédaction demande à fermer les commentaires parce que le flot ne tarit pas et que le sujet gêne (cas Etienne Mougeotte et son calamiteux édito sur Lefigaro.fr).
Les commentaires peuvent prendre deux voies dommageables à la conversation, qui ne sont pas mutuellement exclusives. Il s’agit de la surchauffe, de la prise de bec, du clash. Ou bien la conversation dévie et les commentateurs finissent par se parler entre eux. Le début de cette analyse me vient d’un billet de… Diane Tell (oui, la chanteuse, et d’ailleurs elle twitte aussi) qui mène une réflexion assez engagée sur son blog.
Mojo : une mascotte qui dit “non” ?
Je me présente :
- Je suis jeune, d’une jeunesse éclatante et naïve.
- Je suis reporter. Un boulot honorable.
- Il ne m’arrive que des ennuis mais comme je suis tenace et chanceux je m’en sors toujours sans trop de bobos.
- Je suis partout où il y a de l’information, partout où il se passe quelque chose. Je parcours le monde, je fais des reportages parfois au péril de ma vie
- Ma hiérarchie ne me soutient jamais, elle est totalement absente. C’est bien simple, je ne parle jamais à mon patron : pas une réunion, pas un coup de fil, rien.
- Trop occupé par le terrain, je ne passe jamais à la rédaction.
- Je suis tellement geek que je n’ai même pas d’Etat Civil, juste un pseudonyme. Un pseudo tellement rebelle qu’il signifie “non”.
- Ma famille m’a renié quand elle a su le métier que je fais, on ne se parle même plus. Ma mère aurait préféré que je sois pianiste dans un bordel de Macao, sans doute.
- Par chance, je ne suis pas devenu un forçat de l’info, comme tant de camarades que l’on dit alignés devant leur écran dans des pièces aveugles et ternes.
Comme le dirait un célèbre schizophrène, tout-à-tour comédien à Hollywood, justicier masqué et animateur TV : je suis je suis je suis ?
Querelle des anciens et des modernes : un débat de surface ?
La polémique de la semaine a été déclenchée par un article très orienté et assez certainement incomplet de Xavier Ternisien sur Lemonde.fr, subtilement intitulé “Les forçats de l’info“. Le ton est donné dès le départ avec des surnoms peu amènes, accompagné d’un emploi poussif des “on” pour désigner ceux qui utiliseraient pareilles expressions péjoratives.
La suite de l’article est inégale, entre poncifs, exagérations, citations de diverses personnalités et conclusion à l’emporte-pièce sur une forme d’esclavage volontaire. Curieux article sur la forme comme sur le fond, et dont la polémique qui l’a suivie n’a pas réellement permis d’atteindre le coeur du problème.
Le temps de la maturation, au tribunal comme à la rédaction
Il y a des découvertes qui prennent les chemins de traverse. Le radar, l’électromagnétisme, les Amériques ou encore Uranus en sont des exemples. Un peu de hasard, une réflexion qui suit plusieurs chemins, puis le rapprochement fortuit et le coup de poing mental : une révélation. Quelque chose de neuf, là, sous nos yeux.
Les faits sont jugés comme les prévenus, la salle de rédaction est un tribunal.
Pourquoi le blogueur n’est pas un journaliste (2)
Voici la suite de l’analyse des différences entre blogueur et journaliste débutée ici. Encore une fois, les idées seront thématiques.
Il y a deux différences très profondes entre le journaliste et le blogueur : la dimension temporelle de ce que chacun produit et la relation qui se crée autour du contenu.
Pourquoi le blogueur n’est pas un journaliste (1)
Je poursuis quelques idées déjà développées à propos de l’expérience aaaliens et du journalisme de liens, abordées également en partie avec Eric Mettout et Narvic dans l’Atelier des Médias.
Car en réalité, les blogueurs qui ont participé à l’opération l’Odyssée de l’info de l’Express ont finalement joué au journaliste, un peu malgré eux.
[Lab] Retour à Ithaque
L’expérience de l’Express, l’Odyssée de l’info dont j’avais annoncé le début ici, arrive à son point d’orgue. Les contributions sont arrivées petit à petit dans le fil d’infos central, puis en plus grand nombre.
L’heure est au bilan.
[Brik a Brak] n°4
Lendemain de fête de la musique, la tête comme une barrique.
- [Saoundz] La Sacem s’arrache les cheveux avec les offres de téléchargement de musique illimitées. Cet article du Figaro donne le ton et rappelle que sur un CD à 15€, l’auteur d’un album n’encaisse que 0,75€… Là où ça se complique, c’est quand répartir la rémunération des auteurs s’avère plus onéreux que les revenus : Deezer a ainsi reversé 70 000 € à la Sacem, un montant inférieur au coût de traitement des données !
- [Hitek] Firefox 3 est arrivé. Une analyse pertinente et en profondeur d’Olivier Ezratty sur la tactique marketing.
- [Midia] Beaucoup à dire comme toujours, et jamais le temps de rentrer dans le sujet (comme toujours ?). Une carte des licenciements dans la presse écrite aux Etats-Unis. Depuis le début de l’année on est déjà à 4 500 postes supprimés. Un petit récapitulatif ici. Si on considère qu’ils ont toujours quelques temps d’avance sur nous, on voit ce qui nous attend… Deux visions de l’avenir des médias face à la montée en puissance d’Internet comme source d’information à lire sur Le Monde, l’une voit de la lumière au bout du tunnel, l’autre pense que c’est un train qui arrive à grande vitesse et va faucher la profession de journaliste.
- [Feun] Novartis s’offre un coup de pub osé signé Saatchi & Saatchi pour promouvoir une crème contre les entorses. De la part d’un laboratoire qui travaille sur les OGM, c’est à se demander si c’est vraiment drôle.
- [Toudoto] Le nouveau blog de Fred Cavazza dédié aux médias sociaux. Un point sur l’ouverture de Facebook Connect avec l’interview de Chamath Palihapitya. Une initiative curieuse mêlant web 2.0 et média papier dont je ne sais pas trop quoi penser.
- [Kouote] A propos du Président et des médias, et des soupçons qui pèsent sur sa mainmise, une démonstration par l’absurde trouvée chez Narvic qui me plaît beaucoup : si Sarkozy tenait vraiment les médias, et bien les médias ne pourraient pas dire que Sarkozy tient vraiment les médias.
- [Costik] La télévision peut tuer en silence. Ou alors c’est le thé. En tout cas c’est une arme bien discrète.
- [Politix] Le Che revient, et il y croit. Jacquot boude le défilé. Y’a pas à dire, les vieux ont du panache.
- [Aydontker] Un entraîneur béat demande une animatrice en épousailles un soir de défaite. Ce n’est pas bon pour lui, pour elle, ni pour la préservation de leur vie privée à eux. Si elle l’épouse, l’appellera-t-on Madame l’entraîneuse ?
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