[Lab] Surprises et prothèses capillaires
De temps à autres, il est bon de faire un petit retour sur l’actualité des coulisses du blog. Ouverture du laboratoire : journée portes ouvertes.

Quelques remarques et précisions :
- La publicité Invicta, dont j’avais parlé pour la partie affichage il y a un bon moment, a connu un regain de succès en septembre en raison de spots publicitaires TV assez originaux. Le nom de l’homme aux poêles et de la marque ont figuré en bonne place parmi les plus recherchés avant d’aboutir sur le [ Blok Not ]. L’agence de publicité m’a d’ailleurs interpelé sur ce spot, suggérant qu’il avait été plus ou moins proposé… par les commentaires de blogueurs
- Deux billets ont connu un certain succès, le premier en réaction à une très mauvaise tribune d’un directeur de Cybion parue dans Les Echos (des visites étalées), le second rebondissant sur le mème #jeansarkozypartout et le succès du camarade Laurent
- Un petit peu de trafic supplémentaire lorsque j’ai proposé à lexpress.fr de tester 3 applications iPhone.
- Et surtout un billet qui a mis du temps à accoucher sur les intellectuels en perruque, ces intellectuels estampillés “bon client médiatique, peut s’exprimer sur tout et n’importe quoi” qui mènent des attaques en règle contre Internet afin d’assurer leur propre survie médiatique. Deux vagues ont drainé du trafic, la première était menée par Twitter (près de 40 retwitts, avec des commentaires très encourageants), SmallBrother et Vendredi, Slate avait remis en contexte et pointé plutôt du côté d’Owni. La deuxième était emmenée par Rue89 et… François Desouche, qui fut le 21 octobre le premier contributeur de visites. Ce site “identitaire” (traduire : nationaliste, mouvance frontiste et associés) avait choisi un morceau du billet qui, hors contexte, peut avoir en effet une lecture identitaire. Pour faire bonne mesure, ce billet a aussi été repris chez Etoile-Rouge, mais aussi le Bougnoulosophe (avec un vrai intellectuel en perruque !), une gazouilleuse de la Belle Province, et un prof en campagne qui en plus d’une illustration étonnante rajoute au texte des intertitres plutôt pertinents. Des réflexions dans la même veine ou dans d’autres prolongements ont émergé chez Tête de Quenelle et Bug Brother, qui évacue le problème en considérant les importuns comme de vulgaires trolls.
- Le vrai pic de visites sur ce billet, il est chez Marianne2 qui m’a demandé de pouvoir reprendre ce billet intégralement : près de 18 000 vues.
Il a été difficile de répondre aux commentaires, qui étaient disséminés sur mon blog, dans la soucoupe Owni et un peu ailleurs. J’ai répondu à certains commentaires chez Marianne2 (n°17 et 20) mais manifestement les internautes préféraient se parler entre eux que de discuter avec l’auteur. Je n’ai pas insisté.
Il fut particulièrement surprenant de voir que peu de gens avaient cliqué sur mes deux liens [ Eubaoute ], qui pointent vers une courte biographie (enfin, plutôt un billet de présentation très vide) et vers le mode d’emploi. Moins de 10 visites en tout. Personne ne cherche à savoir qui écrit ? Non, manifestement ça n’intéresse pas. Pourtant, si ça se trouve, je suis Alain Finkielkraut !
L’homme qui tombe à pic
Ce week-end, un mème est né sur Twitter, il a grossi, enflé, et colonisé d’autres espaces : #jeansarkozypartout. La candidature d’un jeune homme de 23 ans, bachelier, jeune élu local qui soutient à mort, sans grande expérience de gestion, dont le papa est Président de la République, à la tête de l’EPAD (organisme qui gère le stratégique quartier d’affaires de La Défense) a choqué, outré, et surtout déclenché une avalanche de gags absurdes et iconoclastes sur Twitter.
Celui qui le raconte le mieux, c’est le camarade Laurent, et c’est surtout de son expérience qu’il s’agira ici.
La musique des sphères
A l’heure où le tube de l’été se joue probablement entre la crème solaire et une quelconque soupe insipide martelée et bien marketée avec force partenariats médias (il semble qu’en fait ça fonctionne moins bien au troisième millénaire), il est temps de venir concrétiser une métaphore sonore à propos de l’infosphère.
Et si nos émissions de données numériques se mettaient en musique ?
L’Express expérimente un “débat” sur Twitter, ou plutôt une cloud micro-interview crowdsourcée
L’Express.fr a proposé à trois personnalités politiques présentes et actives sur Twitter de répondre pendant une heure aux gazouilleurs français, voire francophones. Personnes actives, car avoir un compte ne suffit pas. Tout dépend de ce que l’on y fait, si l’on donne de l’information exclusive (qui n’est pas déjà présente ailleurs), si l’on engage la conversation, ou bien si on s’en sert d’agenda partagé ou de flux RSS ce qui est aussi inutile que détestable. Les trois invités d’hier sont pour leur part des gazouilleurs plutôt avisés :
- Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique
- Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste
- Alain Lambert, sénateur de l’Orne, ancien ministre du Budget (et papa de la LOLF avec Didier Migaud)
Petite analyse de cette expérience étrange qui se présentait comme un débat et qui n’en fut pas un.
Des noms d’oiseaux numériques pour Twitter
Twitter est à la mode dans les médias et on nous serine que le piou-piou bleu va révolutionner la planête, même si dans les faits peu de gens l’utilisent : environ 100 000 comptes en France, dont à peine la moitié est active. Ce week-end le JDD y consacre de nombreuses pages, entre un petit explicatif de la mécanique, une interview de Nathalie Kosciusko-Morizet et le point de vue de Paul Virilio. Personne n’a encore demandé si Edith Piaf ou Bernard Loiseau auraient twitté, mais ça ne va pas tarder.
Quelques réflexions sur le champ lexical de Twitter en Français comme le nom d’un utilisateur de Twitter ou la curieuse traduction qu’en font certains poussent à structurer un peu la perception de ce curieux royaume des gazouillis.
Bilan
Comme promis, je reviens sur un an de blog, ici, qui fut aussi un an de commentaires ailleurs, mais malgré leurs tentatives, Backtype et autre Disqus ne sont pas au point et je ne retrouve pas tous mes petits oeufs. J’en resterai donc à l’analyse de ce seul blog et laisse les commentés faire la critique de ma participation chez eux.
Merci à tous ceux qui m’ont encouragé, même à ceux qui veulent me forcer la main. Vous êtes tout de même bien indulgents : pas une critique, pas un regret, pas une remarque négative. Alors qu’il y en a, des choses à dire.
Querelle des anciens et des modernes : un débat de surface ?
La polémique de la semaine a été déclenchée par un article très orienté et assez certainement incomplet de Xavier Ternisien sur Lemonde.fr, subtilement intitulé “Les forçats de l’info“. Le ton est donné dès le départ avec des surnoms peu amènes, accompagné d’un emploi poussif des “on” pour désigner ceux qui utiliseraient pareilles expressions péjoratives.
La suite de l’article est inégale, entre poncifs, exagérations, citations de diverses personnalités et conclusion à l’emporte-pièce sur une forme d’esclavage volontaire. Curieux article sur la forme comme sur le fond, et dont la polémique qui l’a suivie n’a pas réellement permis d’atteindre le coeur du problème.
Twitter dévore les billets ? Et alors ?
Il m’avait semblé que les blogueurs, du moins une bonne partie des blogueurs médias et technologie que je mentionne souvent, écrivaient moins ces derniers temps. Jean Véronis semble le confirmer et propose une explication : les foutus gazouillis de Twitter auraient phagocyté le temps de rédaction de billets et même (dit-il) de commentaires.
Twitter a-t-il donc écorné, essoufflé la blogosphère en lui rognant une partie du temps que l’on passait à bloguer ? Est-ce que Twitter c’est tromper ? Et finalement, est-ce bien grave ?