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Paper boy

Posted in ! - Boulchit, < - Kouote, § - Midia, П - Politix, Δ - Nuz by [ Enikao ] on 28 mai 2008

Le Président Sarkozy était hier matin chez RTL pour faire le point sur tout un tas de choses. Ce type de déplacement d’un Président en fonction dans une rédaction est rare, mais pour le coup je suis moins étonné que l’omniprésident le plus médiatique de la Vème aille chez RTL. Interrogé sur la crise de la presse par Alain Duhamel, il a présenté ses idées sur cette épineuse question.

 

Premier élément, réunir des professionnels et probablement les pouvoirs publics autour d’Etats Généraux de la presse (radio, télévision et presse papier, a-t-il précisé) à l’automne. Passons sur la formule, qui pour une fois a évité le « Grenelle » qui désormais s’accomode à toutes les sauces, mais tout de même rappelle les grand messes dont il ressort souvent peu de choses concrètes. Une remarque en passant : et la presse… online ? Nada. Explication dans le second élément.

 

Deuxième élément, ça y est, les chiens sont lâchés : le problème, c’est Internet. Voilà qui déjà pose les bases solides d’un débat sans parti-pris, surtout avec une profession qui sait très bien faire d’Internet un bouc-émissaire sans l’aide de quiconque… Car oui, on trouve des articles gratuits en ligne, et ça fait des lecteurs mais pas d’acheteurs, dixit Nicolas Sarkozy. Ah, voilà, on y vient, le problème aujourd’hui, c’est bien qui veut payer, et pour quoi. Sous-entendre qu’Internet n’est pas un média (omission volontaire, je crois) mais seulement un problème, il fallait oser. Du fond de Mediapart, Edwy Plenel doit en manger sa légendaire moustache… sans parler de tous les portails d’information professionnels comme Le Monde Informatique qui a disparu des kiosques et n’existe plus qu’en ligne.

 

Troisième élément : aider à la constitution de groupes multimédias. Mis à part NextRadioTV, le groupe d’Alain Weill qu’il s’est constitué tout seul comme un grand et sans aide sur tout type de support (RMC, BFM, 01Informatique, BFM TV, La Tribune…), ne peut-on pas considérer que tous les quotidiens et la plupart des hebdomadaires sont déjà multimédias ? Pour ma part si : il existe souvent une rédaction papier distincte de la rédaction online, et malgré la porosité des contenus je continue à penser que les lignes éditoriales et les contenus diffèrent suffisament pour que l’on considère que Le Figaro et lefigaro.fr, ou que Marianne et marianne2.fr sont deux médias distincts.

 

Quatrième élément, qui pour moi croustille bien plus parce que c’est annecdotique : le problème de la distribution. Oh, dit comme ça, je pense que ça passe encore. Mais moi qui attendait un peu de concurrence aux NMPP qui distribuent actuellement 85% de la presse en France et qui avec ce quasi-monopole pèsent gravement sur les coûts de vente de la presse, j’ai été déçu. Nicolas Sarkozy a parlé de multiplier les points de vente car d’après lui, trouver le journal dans les grandes villes, c’est un travail. Pour information, le plan 2010 des NMPP a déjà prévu de faire passer de 28 000 à 33 000 le nombre de points de vente en France…

Quant au travail, et bien il est tout trouvé puisque Nicolas Sarkozy suggère le portage à domicile (je passe le complément circonstantiel tôt le matin, parce que recevoir Le Monde le matin c’est un peu curieux pour un quotidien vespéral, et pour les mensuels ou hebdomadaires disons rien ne presse et que j’ai le temps de les lire). Une réhabilitation des paperboys à l’anglo-saxonne ? Je n’aurais pas osé…

 

Je reviendrai dans de prochains billets sur Internet en tant que média.

4 Réponses

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  1. Silence said, on 29 mai 2008 at 12:30

    Le retour des paperboys ? Je n’en vois pas l’intérêt pour ma part. La plupart des gens que je connais n’achète quasiment plus de presse écrite, pour la simple et bonne raison que maintenant nous pouvons trouver toutes les informations que nous voulons sur le net. J’en prends pour témoins tous les fameux « flux RSS » auquels nous pouvons nous abonner. En un ou deux clics, nous avons à porté de main ( ou plutot de d’écran ) les dernières nouvelles.
    Alors, Internet nous ferait-il devenir fainéant ? Le côté accessibilité directe ?
    Et là, je ne parle que de l’impacte sur la presse écrite, mais cela vaut aussi pour les autres médias…

  2. [Fumble] TZAR said, on 16 juin 2008 at 1:42

    Bonjour à tous,

    Beaucoup de magazines / journaux / émissions considèrent que le scoop fait vendre. Cette quête perpétuelle, en vue de découvrir le Saint Graal extraordinaire du jour, me pousse à croire que l’information, gratuite ou payante, n’a pas pour objectif d’informer ou de développer l’esprit critique, mais plutôt de diffuser un point de vue, auquel il serait profitable (pour qui ?) que nous adhérions tous.

    Comme beaucoup de monde, je me prends 20 Minutes le matin (comment ça j’ai cité une marque ?) pour lire la presse gratuite dans le Métro (encore ?). Si un sujet m’intéresse, c’est sur Internet que je vais me renseigner. J’évalue les sources d’informations, je compare les commentaires et points de vue, pour au final me faire ma propre idée. Pas question de payer ne serait-ce qu’un Centime pour une information dont je n’ai que faire !

    Histoire de passer du coq à l’âne, les entreprises telles que Sony, distributeurs de musique mais aussi de graveurs et de CD / DVD, crient au scandale face au développement de la « Touale du Oueb » qui favorise le téléchargement gratuit. Les pertes ou plutôt les manque à gagner du secteur musical au format CD sont probablement colossales, mais elles ne tiennent pas compte des gains faramineux que connaît le secteur musical au format DVD (nouvelle technologie => transfert de la consommation) et ignorent également les bénéfices du hardware informatique (Graveurs, Taxes sur les CD…).

    Coincez-vous le doigt dans une porte et criez très fort ! Y’aura toujours quelqu’un pour vous entendre…

    Bref, l’accès payant à l’information est un sujet épineux, mais mon choix est fait… A qui le tour ?

  3. DAVID said, on 2 juillet 2008 at 1:13

    Peut être mais actuellement un lecteur de DVD qui coute 20$ à produire, comprends 19 de propriété intellectuelle et 1 $ de produits fini….

    Le secteur ultra concurrentiel de la vidéo se mord la queue car l’innovation et les investissements coûtent plus cher et plus long que le cycle de vie du produit. Notamment à cause de la guerre des formats, mais aussi à cause de la concurrence avec les nouveaux modes de consommation (VOD, telechargement, TNT, satellite)

  4. Manuel said, on 10 juillet 2008 at 6:14

    Acheter, oui, je veux bien, mais pas n’importe quoi à n’importe quel prix. Il est clair que je n’aurai pas connu ce blog par le biais d’un distributeur de presse traditionnel, et que je n’aurai pas forcément fait l’effort de le lire (et d’y répondre) si je n’avais pas eu la possibilité de le consulter sans payer autre chose que mon abonnement à Internet.

    Et quid du cas « Métro » ? Va-t-on faire payer ce journal qui a depuis le début de son aventure fait le choix d’être gratuit ? La distribution payante ou gratuite d’un support médiatique ne doit-il pas être laissé à la discrétion de ses acteurs ?

    Pour ce qui est du portage à domicile, c’est une idée assez fumeuse, car je ne vois pas comment une telle logistique sera possible. Avoir la primeur du Figaro ou du Monde, quand on habite à 500 Km de Paris, ça ne relève même plus de l’exploit, mais du surnaturel.

    Pour David : Oui, tes chiffres sont exacts, mais il faut de plus prendre en compte les 19% de taxe payées par le consommateur final (en sus de la TVA) qui sont soi-disant reversées aux acteurs du secteur des arts et de la musique. (c’est valable du simple CD vierge jusqu’aux Lecteurs MP3 surpuissants en passant par le disque dur de l’ordinateur de bureau. En faisant payer cette taxe, l’état créé une sorte de paradoxe : Faire payer un droit à copie à la fois en amont et en aval, puis d’interdire à la personne ayant payé ce « droit à copie » de le faire. , Pour ma part, je suis un de ces dinosaures qui achètent encore des DVD et des CD, car j’aime le produit fini, mais il n’empêche que ce n’est pas moi qui vais pleurer sur le sort de la pauvre Madonna ou de la malheureuse fille qui vient d’être libérée de la Star’ac et qui va pleurer sur les chaînes que les gens sont méchants car ils téléchargent illégalement son dernier succès (que je n’aurai jamais eu l’idée d’écouter, d’ailleurs).

    Bref, j’ai bien peur que l’intervention du Président de la République ne soit, une fois de plus, qu’un rideau de fumée visant à cacher derrière une polémique stérile les vrais problèmes.


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