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Orange (pas très) pressé : l’explication et du bonus

Posted in # - Imedjiz, < - Kouote, € - Ykonomix, ♪ - Saoundz, § - Midia, Ф - Nutek, Ө - Hitek by [ Enikao ] on 14 septembre 2008

Les clients d’Orange se sont plaint cet été de débits insuffisants par rapport à la promesse commerciale, ne bénéficiant au final que de la 3G et non de la 3G+. Limitation en raison du succès commercial de l’offre ? Surconsommation des connexions Internet mobile des possesseurs d’iPhone ? Que nenni. La vérité sur le bridage est ailleurs, et je la tiens de haut. Seule la déontologie (ahem) m’a interdit de mettre scoop dans mon titre, car enfin je ne suis pas un média. 

A l’occasion d’une passionnante interview de Didier Lombard organisée par l’association Silicon Sentier à l’occasion de la sortie de son livre Le village numérique mondial : la deuxième vie des réseaux (on peut faire de la pub, c’est au profit de la Fondation Orange), le patron de l’opérateur télécom a donné une curieuse explication sur le bridage désormais avéré de l’Internet mobile, qui a le mérite d’être plausible. Or comme le disent les policiers, une hypothèse qui explique tout et ne contredit rien a toute les apparences de la vérité.

L’iPhone seconde génération et l’offre couplée à un abonnement Internet mobile sont arrivés l’été, période qui peut être commercialement active mais qui en coulisses chez l’opérateur est synonyme de congés et d’équipes réduites. Assistant à un bond de consommation de bande passante (la technologie ouvrant le champ des possibles, l’usage suit), les techniciens ont préféré, je cite de mémoire, « réduire la voilure d’eux-même par crainte d’une surcharge en période où nous manquons un peu de support ». Incroyable ? Pas tout à fait.

Plutôt iconoclaste et (d)étonnant, Didier Lombard explique que dans la lutte bazar contre cathédrale, France Télécom / Orange a plutôt hérité de l’organisation cathédrale avec ce que cela compte comme prés carrés. Et les gens de la technique ont pris des décisions sans en référer, en pensant… avoir la paix. L’effort de Lombard pour « introduire des éléments de bazar » sont jumelés avec sa vision personnelle de la stratégie d’un équippementier dont l’intérêt est de voir l’usage s’accroître pour que l’économie de la longue traîne produise les effets escomptés et qu’il récupère en bout de course une partie des revenus.

Cette liberté de ton comme d’esprit permet au PDG de France Télécom / Orange d’expliquer que dans la situation actuelle où l’usage d’Internet est gratuit en apparence (c’est la publicité qui paye, elle est donc répercutée dans les prix de vente), l’infrastructure et les contenus doivent trouver une juste rémunération, or si aujourd’hui les industriels du réseau s’y retrouvent, la production de contenu n’a pas trouvé son modèle, en particulier… la presse, et qui plus est la presse quotidienne d’information généraliste.

Et côté musique et vidéo, sa position est sans appel : se réclamant héritier des Postes, il ne veut pas que les FAI soient chargés de la surveillance du piratage car « La Poste n’ouvre pas les lettres ». C’est à l’Etat de mettre en place un service spécialisé. Et l’on comprend bien la logique : si les consommateurs se savent surveillés, ils vont réduire leur consommation par effet de paranoïa et donc la publicité rapportera mécaniquement moins.

Ce diable de Lombard a taquiné du côté de Google, exemple type de la société en mode bazar (foisonnement créatif, lancement de plusieurs projets ambitieux) grâce en partie à une bonne santé financière, qui se lance avec son projet de satellites à haut débit dans l’infrastructure de réseau (plus facile à réaliser que la fibre optique). Si le tout récent navigateur Chrome présage peut-être d’un virage vers le webtop et annonce une concurrence frontale avec Microsoft, il est plus circonspect sur le savoir-faire des  petits gars de Mountain View.

Une verticalisation accrue des activités de Google serait en effet problématique et aurait un impact déformant : outils de recherche, logiciels, OS mobile, référencement, régie publicitaire, bientôt réseaux. Il ne manquerait plus à Google que la production de contenu qui ne semble pas l’intéresser pour le moment. Or cette production peine déjà à trouver un financement correct, elle se retrouverait alors en position très défavorable voire menacée de disparaître en grande partie. A suivre, donc…

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