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De la supériorité de l’écrit sur le web

Posted in # - Imedjiz, ♪ - Saoundz by [ Enikao ] on 17 mai 2009

Les chercheurs d’information, les infoboulimiques et de manière générale tous ceux qui de près ou de loin sont attirés par le savoir, la réflexion et la matière grise ont probablement été confrontés au problème de l' »absorption ». Comment faire pour trouver, traiter, assimiler et classer l’information ? Idéalement, grâce à l’écrit, qui permet d’indexer, de chercher, mais aussi de s’informer et de choisir quand, comment et à quelle vitesse le faire.

Quand il ne s’agit pas d’un exercice de style particulier ou d’art, l’écrit vaut mieux que la vidéo et que l’audio sur le web, voire peut-être partout. Visite chez un obsédé textuel.

Pendant longtemps, l’avantage de l’écrit fut double : la mobilité et l’atemporalité. Concrètement, pour écouter une chronique radio il fallait être devant son poste au moment voulu et donc de se priver de l’écoute des émissions passant au même horaire. Regarder une émission demandait au moins un appareil pour la visionner. Avec un livre ou un journal, ces deux contraintes s’effaçaient. Bien sûr, les supports audiovisuels ont permis de s’affranchir en partie de la temporalité en permettant l’enregistrement, et la radio est mobile depuis longtemps. Mais l’un et l’autre ne pouvaient s’affranchir des deux contraintes en même temps.

Le web a permis de voir la naissance du podcast. Grâce à ce système et avec les derniers appareils mobiles (smartphones, PMD, balladeurs multimédias) nous pouvons profiter de l’atemporalité et de la mobilité en échange de nombreux Euros.

Alors en quoi l’écrit l’emporte-t-il encore ? Grâce au web, à nouveau.

Premier point de supériorité évident : la recherche. Cette réflexion est venue suite à des heures passées pour retrouver une phrase dans un podcast. Faites l’essai : dans un discours audio ou une vidéo, retrouver une phrase exacte (par exemple pour la citer dans son intégralité avec exactitude) demande beaucoup de patience, en particulier s’il faut avant tout retrouver l’extrait en question. Et plus encore si l’on cherche un détail alors que dans le discours en question c’est un autre élément qui a retenu l’attention des médias. On se retrouve à chercher une aiguille dans une botte de foin.

En effet, un texte écrit est déjà… écrit. La recherche avec un outil approprié permet donc retrouver ce qu’on cherche à partir de tous les mots du texte. Sur un podcast, sur Dailymotion, seuls les tags et le titre peuvent nous aider, pour peu que l’ensemble soit significatif et bien fait : la taxonomie efficace demande un (bon) peu de réflexion. Pour une émission de radio on a parfois la chance d’avoir un extrait de la retranscription, mais dans le cas des podcasts amateurs, c’est probablement un très mauvais calcul que de choisir ce format en terme de référencement.

Autre point de supériorité évidente de l’écrit sur tout autre forme de format d’information (encore une fois, en terme d’information brute) : la personnalisation de l’absorption. Chacun peut lire un document à sa vitesse, et on peut très bien parcourir rapidement un billet ou un article pour le rejeter, ou bien accrocher rapidement et lire en détail, voire s’il y a de nombreuses nuances prendre le temps de relire.

Assayons de faire pareil avec un podcast audio ou vidéo : qui regarde ou écoute une émission en accéléré pour voir si c’est intéressant ? Personne car ce n’est pas dans nos habitudes contrairement à la lecture rapide. Aussi avec un format audio ou vidéo on est soit captif (et c’est dommage de perdre parfois beaucoup de temps pour à peine quelques minutes intéréssantes) soit on abandonne si le début est inintéressant. Alors qu’à l’écrit, en parcourant rapidement on aurait gagné un temps précieux, et éventuellement repéré le précieux paragraphe.

Pourtant le multimédia a une place légitime sur le web : pour un débat, un dialogue, une interview, il est évident que sans le son (et éventuellement sans l’image) on perd une partie de la richesse de l’échange qui réside dans ce qui est de l’ordre du non-verbal : intonation, hésitations, silences appuyés, gestuelle, rythme et débit… De même, les photos et les images sont parfois plus parlants qu’un long discours car les mots viennent à manquer pour traiter efficacement une information, ou deviendraient trop nombreux et risqueraient de générer plus de confusion qu’autre chose.

Mais il faudrait systématiquement penser à doubler ce format d’une transcription textuelle du son et de taguer de nombreux éléments visuels (pourquoi pas le décor, le paysage, les vêtements des personnes, le style de la photo…) sur le web pour en doubler l’efficacité et faciliter à la fois l’accès comme la consultation. Travail titanesque de cartographie ? Si la question est prise à la racine, dès la création du contenu multimédia, cela fournit également le moyen d’exploiter très facilement les archives par la suite.

Car n’est-il jamais arrivé à quelqu’un de se dire : il y avait sur le plateau, tu sais bien, un type chauve à moustache qui zozotait un peu, il a parlé de ce sujet et c’était très bien, mais je me rappelle plus de la date ni du nom de l’émission mais Untel était aussi invité sur le plateau… Aujourd’hui, sans la présence de ces éléments écrits si indispensable, impossible de retrouver seul l’émission, et le nom du fameux chauve moustachu.

Effectuer correctement une recherche, l’orthographier correctement, savoir exclure intelligemment les mots-clés ambigus pour se focaliser sur (Ford : la voiture ou le Président ?) le champ recherché, tout cela est encore et toujours du texte et demande des talents textuels. Voilà qui pénalise fortement les handicapés de l’orthographe et de la syntaxe, marginalisés encore davantage dans l’accès au savoir et à la connaissance. Et quand bien même nous pourrions nous passer d’écrire grâce à la vocalisation ou à la connexion cerveau / machine, celle-ci continue pour le moment à traiter… du texte.

9 Réponses

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  1. ieifdc said, on 18 mai 2009 at 1:40

    Tu as complètement raison. Mais tu penses en linéaire…

    Primo, tu oublies que ce n’est pas la panacée (mais qu’on a pas mieux pour s’exprimer).
    Deuxio, tu oublies que les semiologues travaillant sur les moteurs de recherche font des bonds de géant à chaque évolution et que le Google d’aujourd’hui ne sera pas celui de demain. Des challengers existent (survivent), Exalead, kartoo et que le futur Google est peut être encore à venir.
    Tertio, tu confonds les outils et les méthodologies. Un professionnel ne fait pas ses recherches sur Google comme M. Tout-le-monde en utilisant deux mots clés. En fonction de ses besoins il adapte ses outils et sa méthodologie. Une recherche de brevet ne se fait pas sur Google, mais à l’inpi, ou Google patents. idem pour la presse etc etc… Il utilise aussi les fonctions avancées des requêtes. Tu as cependant raison sur un point. Google délivre trop d’informations, trop de fois la même déjà. Souvent de qualité douteuse et qui n’apporte rien. Cette information prédigérée, conduit parfois à l’infobésité technique, visuelle et cognitive… Qu’en penses tu ?

    Accessoirement, Internet a renversé la donne. Du trop peu d’informations, on est passe à beaucoup trop. Qui se souvient comment on faisait au collège et lycée un exposé d’histoire-géo avant l’ère de Google…. Et combien on peinait pour avoir de l’information pertinente. Aujourd’hui c’est exactement l’inverse : l’exposé on peut le télécharger, le faire en travail collaboratif, l’actualiser en temps réel. Mais les élèves comme la presse ont parfois tendance à couper court… et se contente de faire des copier-coller, voir de pomper littéralement du contenu préexistant…. Autant d’informations à gérer n’est pas encore dans notre culture…

  2. [ Enikao ] said, on 18 mai 2009 at 2:42

    Sur les moteurs de recherche, je sais bien que tout le monde y travaille, mais quand bien même la recherche sémantique est en cours, il faut bien cocher des options, sélectionner des mots, des éléments saillants qui qualifient ce qu’on recherche. Et concrètement, kartoo fonctionne comment ? Par des liens qui sont cartographiés… par mots clés. On en revient encore et toujours à des assemblages de lettres.
    Pour citer une célèbre égyptienne : « des mots, encore des mots, toujours des mots ». ;-)

    Quant à la surcharge d’information, c’est bien ce que je dis. Le contenu informatif au sens de réflexion / analyse ou de news est plus facile à trouver et à consulter sous forme écrite. Une chronique de 3 minutes demande 3 minutes à peu près incompressibles pour être écoutée ou vue, la même chronique à l’écrit peut n’en prendre qu’une pour qui sait lire et traiter rapidement.

    Ceci dit tu prends des contre-exemples qui en effet ne vont pas dans mon sens (déformation professionnelle !) : la cartographie, les éléments historiques au sens géopolitiques. Ainsi « Le dessous des cartes » à l’écrit perdrait de sa force, c’est évident. De même qu’un reportage.

  3. ieifdc said, on 18 mai 2009 at 9:40

    Excellent. Pour le dessous des cartes. j’avoue que j’ai regarde le livre 1 et 2 et honnêtement la magie n’opère pas. La voix de l’auteur fait la force de l’émission. Mais question : attends-t-on la même chose d’un audio (podcast, émission radio ou TV), d’un livre ou d’un article. Que reste-t-il après avoir lu un article de presse ou écouter une émission. En général pas grand chose. C’est de l’information prête à consommer. Vite lue, vite assimilée et digérée. Ensuite elle a deux options où elle enrichie notre socle de connaissance et le modifie. Où elle vite oubliée et le cerveau passe à autre chose. Ne commet on pas l’erreur de trop sacraliser l’écrit (le mauvais) car on ne peut plus le distinguer d’un bon. A qui la faute, à nous qui produisons du contenu mais qui sont avant tout des opinions et des conversations, car ils n’engagent que nous, et n’ont pas vocation à être destinés au grand public. Ou la presse qui considère Internet comme un media concurrent de la presse traditionnelle et qui voient les blogueurs comme des journalistes-concurrents. ??? Qu’en penses tu ?

  4. ieifdc said, on 18 mai 2009 at 9:48

    Autre chose, le cerveau pense en image. Et nous avons quatre mémoire (visuelle, auditive, olfactive et sensitive). Notre éducation ou notre dressage (libre-choix) nous orientes vers une utilisation excessive de notre mémoire visuelle au détriment des trois autres..

    Pourquoi doit on considérer que l’utilisation de l’une ou l’autre de ses facultés et des médias ne seraient que concurrente et non complémentaire. Sachant qu’on ne peut pas appréhender par des moyens classique la masse d’information que nous produisons dans des délais toujours plus courts. As tu dejà dans le domaine entendu parler des techniques de photoreading, qui dépassent de loin les techniques de lecture rapide.

  5. ieifdc said, on 19 mai 2009 at 7:33

    Il me vient une analogie entre l’information prédigérée et de la mal bouffe…. Est ce que la peopolisation excessive des média… n’abouti pas au fond à dévaloriser l’image du journalisme. Même si cela fait toujours rêvé. Qui n’a jamais rêve d être tintin ou Clarck Kent…. ???

  6. Twitted by lsfseo said, on 19 mai 2009 at 9:33

    […] This post was Twitted by lsfseo – Real-url.org […]

  7. martine s said, on 19 mai 2009 at 10:11

    le gros avantage de l’écrit pour le lecteur, c’est de pouvoir relire (repasser le son ou la vidéo, on pourrait mais on ne le fait pas souvent). Un billet comme celui-ci , cad fondé sur une réflexion (et ses commentaires, de même), en est la preuve

  8. ieifdc said, on 20 mai 2009 at 3:18

    Je viens de me rendre compte que j’ai laissé quelques coquilles dans mes commentaires….

  9. ieifdc said, on 22 mai 2009 at 11:25

    Supériorité de l’écrit : ton rêve est il en train de se réaliser ????

    Ce matin dans les echos un article très intéressant en Page 20 sur les nouveaux moteurs de recherche et notamment WolframAlpha…. dont voici le lien : http://www.wolfram.com/.

    Un plug-in firefox est téléchargeable… Je le teste… Et toi qu’en penses tu ???


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