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Limiter l’empreinte numérique, favoriser la qualité, éviter de polluer

Posted in ! - Boulchit, < - Kouote, ∞ - Toudoto, Ө - Hitek by [ Enikao ] on 12 juin 2009

Il y a quelque chose de bizarre au royaume du numérique, du participatif et du web du partage. Si tout est infini, où se trouve ce qui a de l’intérêt ? Pourquoi le monde numérique n’aurait-il pas de limites, lui aussi, comme le monde physique. Ne lui est-il pas subordonné ?

Ne faudrait-il pas réapprendre à s’imposer des limites ? 

Alors que la prise de conscience de notre surconsommation et de notre pollution se ressentent dans les urnes et dans les comportements, alors que des mouvements alternatifs comme la décroissance cherchent justement à revenir à un minimum d’impact et à la modestie des moyens en fonction des besoins, alors que le green IT commence à s’intéresser non plus au seul matériel mais aussi au logiciel et aux processus (le web, ça consomme de l’énergie aussi !), les plateformes de contenu continuent de mettre en avant les volumes et la course au rythme du flux, comme un pouls qui s’accélère.

Et si on se disait que, comme pour notre univers matériel, qui contient les univers en ligne, les ressources sont limitées ? L’économie de l’abondance est une chose, mais on sait bien que l’on gaspille plus facilement ce qui ne coûte rien ou presque. On l’a fait avec l’eau et le pétrole et on commence à se rendre compte que ça ne va pas durer.

Et si on se rappelait que derrière ces formidables services web gratuits qui diffusent partout dans le monde à nos abonnées, suiveurs et connaissances nos productions, il y a des serveurs qui tournent et qui consomment de l’énergie non seulement pour leur fonctionnement, mais aussi pour leur refroidissement ? Que l’on songe : un flux RSS, un twitt, un statut Facebook, ça se multiplie par le nombre de nos lecteurs. Autant dire que plus les profils s’interconnectent (et c’est bien ça, le web) plus on se pollue numériquement et plus on pollue réellement.

Puisque l’idée même d’être face à une quantité finie et la nécessité d’agir en conséquence semblent naturelles pour le monde physique, autant essayer de transposer dans le monde numérique. Le principe d’un stock qu’il faut apprendre à gérer aurait bien des mérites, en particulier s’il est pondéré.

Les débuts de Spawn fonctionnaient sur ce principe : le héraut des Enfers malgré lui disposait d’une réserve totale de pouvoir lié au nécroplasme qui lui permettait de faire un peu ce qu’il veut (en particulier ramener à la vie un célèbre milliardaire névrosé et justicier masqué, qui l’a mal pris) mais qui consommait une partie de ce solde total. L’effet compte à rebours est un ressort du scénario, et Spawn a souvent du mal à savoir comment s’économiser ou au contraire bien faire en dépensant parfois beaucoup d’énergie au bon moment. Parfois il regrette de gaspiller. Car une fois à zéro, il perdra le contrôle de son corps et ne sera plus lui-même…

Imaginons que nous ayons un système à points qui nous oubligerait à nous rationner dans nos actions numériques en ligne. Un commentaire de moins de 200 signes, un vote dans digg ou sur Facebook, une mise en favoris* partagés sur delicious, un commentaire de plus de 500 signes, un billet sans image, un twitt, une vidéo mise en ligne sur Youtube : toute contribution serait enregistrée et débitée d’un compte numérique, remis à zéro par tranche temporelle appropriée (jour ou semaine, a priori), et qui ne peut être enrichi par ailleurs (pas d’achat de points). Chaque contribution pèserait plus ou moins dans la dépense, car un twitt avec lien coûterait davantage que sans lien, de même qu’un long billet avec illustrations et liens pèserait plus qu’un petit commentaire. Ces points ne seraient retirés que pour les contributions, la simple consultation resterait libre.

Quel pourrait être le résultat de cette limitation ? La production serait plus réduite si le portefeuille individuel de contribution numérique est bas (et ce serait peut-être nécessaire), mais surtout la qualité des échanges pourrait progresser d’un cran. Les billets futiles inutiles, les twitts qui s’enchaînent et se répondent alors qu’il esxiste des messageries instantanées pour cela, les commentaires qui n’apportent rien, les réponses stupides dans Yahoo! Q/R, tout cela pourrait être réduit car qui rationne rationnalise.

Nous sommes décidément capricieux et vivant dans une illusion d’abondance car malgré ce que nous essayons de changer dans notre vie physique, nous pensons que nous pouvons continuer dans certains domaines à fonctionner sur le mode « forfait illimité » et à consommer certaines choses sans limites et comme bon nous semble. Les mentalités devraient peut-être changer. L’idée n’est pas de recréer artificiellement de la rareté pour redonner de la valeur, mais bien d’en finir avec l’idée stupide du no limit.

On peut objecter que déjà, les contributeurs sont très minoritaires par rapport aux seuls consommateurs, et que l’on est loin de la loi de Pareto côté proportions. A bien y regarder, même dans ce qui est (re)produit il n’y a pas que du pertinent et de l’utile, loin s’en faut. En s’obligeant à se focaliser sur ce que l’on veut vraiment dire, sur ce que l’on pense vraiment, sur ce qui d’après nous mérite d’être dit ou échangé, on réduira le flux à du plus essentiel et on diminuera le bruit inutile. D’ailleurs, ceux qui produisent des choses intéressantes ne peuvent de toute façon produire en quantité (à quelques notables exceptions près). 

Cela peut paraître paradoxal de penser à réduire ou à limiter alors que le discours dominant va dans le sens contraire. Plus encore, j’ai même dit ici que le savoir et la connaissance sont les seuls biens qui, plus on les partage, plus ils se multiplient. Mais soyons honnêtes : l’indigence de nombreux commentaires sur les médias en ligne ou sur les blogs très visités n’incite pas à qualifier cela de contenu pertinent et utile. 

Pour reprendre le parallèle entre l’homme qui réfléchit et l’estomac étendu (estomac, et éventuellement ce qui contribue au plaisir de la nourriture et de la digestion, comme les papilles, les convives, les discussions, l’ambiance, la musique, les plaisirs charnels…) d’Epicure : Si tu n’apportes rien, pourquoi es-tu venu au pique-nique ? Pour jouer les pique-assiette et laisser des déchets derrière toi ?

Ce blog devait durer un an, pas plus, il est prolongé pour le moment. Quand je l’ai lancé je ne connaissais pas Twitter. J’ai même commencé par Pownce. Mais imaginons qu’en tout et pour tout, je n’ai droit qu’à 3 600 twitts publics ? Etant donné que j’ai dépassé les 3000, je pèserai davantage chaque envoi, en essayant d’en préserver assez pour les moments où ce sera vraiment utile. Imaginons que je n’ai droit qu’à 100 billets et 500 commentaires ?

Puisqu’on arrive à penser éco-responable (c’est encore timide mais ça progresse), pourquoi ne pas se demander, quelques secondes juste avant d’appuyer sur « envoi » : est-ce que je ne gâche pas un peu de temps pour tous ceux qui me lisent et me suivent ? Est-ce que cela apporte quelque chose d’intéressant ? De drôle ? De différent ? Est-ce le bon endroit pour exprimer le message que je veux faire passer ? Est-ce utile d’entrer dans ce débat, va-t-il mener quelque part ou bien sommes-nous déjà dans le dialogue de sourd ? 

En somme, apprendre à être économe.

 

Nota : ce billet, à contre-courant du discours dominant du « toujours plus », n’est qu’une invitation à la réflexion. Il ne s’agit pas de prôner le contrôle et la limitation, mais seulement de se dire que si nous devions choisir, peut-être que nous irions vers des choses plus intéressantes, au contenu plus important. Et peut-être aussi que l’on économiserait des énergies, aussi bien matérielles qu’intellectuelles.

8 Réponses

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  1. Flav said, on 18 juin 2009 at 1:02

    Ma foi, pourquoi pas… Nous sommes à un tournant où l’omniprésence en ligne est quasi-obligatoire pour exister. Difficile de sortir de ce flux incessant d’infos en limitant ses contributions. Beaucoup de bruit pour peu de plus-value au final. L’idée de remplacer quantité par qualité est bonne, mais je ne suis pas sûr qu’en limitant les interventions les gens prennent plus de temps ou développent des réflexions plus poussées… Le seul moyen reste de pouvoir trier ses sources et mettre en place une veille efficace pour limiter les bruits inutiles. Plus facile à dire qu’à faire.

  2. Someone WHOKNOWS said, on 9 juillet 2009 at 1:59

    Principe amusant d’un point de vue strictement conceptuel, terrifiant d’un point de vue concret :

    Bon, déjà, le malthusianisme et la merdasse écolo, c’est pas ma tasse de thé. Mais jouons le jeu et voyons vraiment ce que ça veut dire dans le fond. Revenons d’abord aux postulats et examinons-les, voulez-vous ?

    1°) « Un volume limité pousserait les gens à poster mieux » : Assurément dans le cas de ceux qui peuvent poster mieux. Et encore, c’est à voir. L’objection la plus évidente me semble être la suivante : De deux choses l’une.

    – Si ce qui motive votre proposition est le manque d’investissement personnel, rationner le temps de web ne forcera pas les gens à réfléchir avant d’écrire. Les embargos et restrictions diverses sur ce qui est considéré comme un besoin (et peut parfois être bien superflu) n’ont jamais encouragé les hommes à « rationaliser » pour reprendre vos termes, leur dépenses. Bien au contraire, ils s’enferment dans un plan « Après moi le déluge » fort malvenu.

    – Si ce qui motive votre proposition est l’indigence générale du contenu sur internet, je répondrai par une simple question. Les gens écrivent essentiellement des conneries depuis l’aube des temps. Pensez-vous réellement que la littérature serait meilleure si on avait limité le droit à l’écriture, acte divin par excellence, à 30 lignes par jour ? La réponse est évidemment négative, car le but n’est pas d’assurer une « qualité homogène » de la pensée quitte à se priver de ce qu’elle offre de plus sublime. Si on coupe l’écriture, certes, 80% des échanges futiles disparaissent. Mais ce sont surtout 80% des chef-d’oeuvres qui disparaissent, sinon tous. N’est-ce pas donner justement trop de poids à la futilité qui nous environne que de sacrifier sur l’autel de sa disparition ces « autres choses » sur lequelles on tombe parfois ? Le fait qu’un grand auteur, un génie soit illimité dans le développement écrit ou « webbisé » de sa pensée ne compense-t’il pas très largement les conneries sans intérêt qu’on lit partout ou l’électricité nécessaire au refroidissement des serveurs (d’ailleurs relativement propre : c’est celle produite par les centrales nucléaires des pays développés pour 99% des serveurs. On devrait peut-être commencer par s’attaquer aux usines, aux transports, au chauffage au charbon, avant de se plaindre de la pollution infime du nucléaire, non ?). Qu’avons-nous de plus précieux et de plus profondément « humain » que le choix de donner à cette pensée sublime tous les moyens d’éclore au milieu de ce terreau d’inepties convenues qu’on appelle web comme les fleurs au milieu de la merde ? N’est-ce pas réduire la portée de ces bijoux de la pensée que de les croire moins capables de vaincre peu à peu la connerie dans le monde qu’un protocole technico-fasciste ?

    Enfin, en admettant que l’on fasse encore le choix que vous évoquez, plusieurs questions se posent. Par exemple, en vrac :

    – Si c’est la pauvreté du contenu général qui fait chier à ce point, pourquoi on empêcherait pas les moins de 120 de QI d’aller sur internet ? Ou les nègres, tiens ? Ou juste les communistes ? (Quant aux communistes nègres de moins de 120 de QI, excusez mon pléonasme, je pense qu’on pourrait même l’empêcher de vivre, tout connement, ça serait encore plus simple).

    – Si les crédits sont limités sans qu’on puisse acheter ceux des autres, ça veut dire que lors de chaque accès au web, je suis identifié. Qui m’identifie ? N’est-ce pas (le contrôle absolu de qui utilise le web, à quelle heure, d’où, et la masse d’infos qu’il peut communiquer) légèrement antithétique avec le but profond du web ?

    Voilà un peu. Je concède que j’ai parfois cédé à certaines facilités au cours de ce petit réquisitoire. Voyez-y un petit exercice de style imbécile plus qu’un vrai débat. (En espérant que la relative futilité de mon propos ne m’expose pas aux limites abordées plus haut, lol); Parfois, c’est juste bon de déconner un peu. Merci, le web.

  3. [ Enikao ] said, on 12 juillet 2009 at 1:41

    @Someone : on ne se comprend pas vraiment. Couper le robinet de force est une forme de dictature que je ne soutiens pas. Certains font cela déjà très bien, en Iran ou en Chine par exemple. Je partais du principe que l’émission pourrait nativement être limitée, dès l’origine. Il se trouve qu’elle est illimitée dès l’origine donc nous ne reviendrons pas là-dessus, c’est considéré comme un acquis.
    Pour le reste, ces remarques rentre-dedans sont utiles et exactes, en particulier sur qui détermine qui a le droit, et qui identifie qui. Ceci étant, dès que je twitte, mets en ligne une photo ou un billet, je dois être identifié, même si c’est une identité virtuelle.
    Au passage, j’accorde un point Narvic/Johannes ;-)

  4. Green IT said, on 4 novembre 2009 at 7:10

    Excellente réflexion qui amène au sujet de la décroissance. Il est évident que les technologies du Green IT n’auront aucun impact si nous ne changeons pas nos usages. Or, changer profondément et largement les usages prend du temps (une ou deux génération(s) ?). Je doute que nous disposions de tout ce temps avant de nous prendre le mur. Ce qui amène à se demander, comment changer les usages plus rapidement ? Si vous avez une réponse, je suis preneur.

  5. Someone WHOKNOWS said, on 5 novembre 2009 at 12:14

    @ Enikao :

    Une identitté virtuelle est une non identité. Pouvoir attribuer des quotas hebdomadaires pondérés aux gens, c’est pouvoir par définition associer leur nom, IP, ligne téléphonique (et donc adresse physique, composition maritale, tranche d’imposition, revenus déclarés, profession, nombre et âge des enfants, etc …) avec leurs habitudes d’utilisation web (nombre, catégorie et horaire des messages). C’est une idée qui me répugne, pour ne pas dire qu’elle m’effraie, et que je juge, comme indiqué plus haut, contraire au principe du web. Je parle ici en tant que Someone WHOKNOWS (pseudonyme qui montre assez, je crois, que je ne veux pas poster en tant que M. H… de R…, gagnant Lambda et résidant au X de la rue machin).

    @ Green IT : « Je doute que nous disposions de tout ce temps avant de nous prendre le mur. » => De quel « mur » parlez-vous donc ? Pour l’instant, chaque jour, des dizaines de millions de pages fleurissent, le web s’enrichit de plus en plus (d’un point de vue volumique, du moins) et renforce son influence dans le monde, souvent pour notre plus grand bénéfice, jusqu’à preuve du contraire. Je dois être obtus mais ne vois pas de « mur » venir … Le besoin d’attendre une fin brutale à ce qui est bel et bon relève pour moi de la faiblesse d’âme et de la lâcheté intellectuelle. Si nous nous dirigeons vers un mur, il me semble important de préciser lequel et de détruire les serveurs rapidement. Aux débuts de l’invention du livre imprimé, la prolifération des ouvrages a fait peur à beaucoup de gens. On racontait que nous nous dirigions secrètement vers une dégénérescence des capacités rhétoriques, la fin du langage parlé, une forme « d’autisme » (même si le terme n’avait pas encore été créé). Où en sommes-nous aujourd’hui ? Le livre, transfert aisé d’idées dans le monde nous renforce et nous émerveille chaque jour. Il est un des piliers centraux de notre univers. Et qu’est-ce-que le web sinon le nouveau livre ? La circulation des idées plus rapide, plus libre, la possibilité pour chacun d’écrire son livre gratuitement et de le faire parvenir aux « bibliothèques du Japon » en une poignée de secondes ?

    Ramenons le sujet sur des chemins plus sérieux, en posant d’abord les risques du web, sans équivoque. Boulchit proposait la pollution des équipements relatifs à l’utilisation d’internet. Pourquoi pas ? Estimons … De mon point de vue, il est patent que les serveurs (consommant par alimentation directe ou systèmes de refroidissement) utilisent uniquement de l’électricité, et qui plus est de l’électricité de pays développés, donc produite par biais nucléaire, et pour une pollution moindre. Calculons maintenant ce que représente en terme de pollution la production d’un livre (ou pire, d’un DVD), des papiers qu’il faut abattre à sa diffusion, des encres à la plastification de couverture, de la colle de la reliure au trajet de ceux qui iront l’acheter.

    S’il y a des ingénieurs ou des écolos bien renseignés ici, je les prie de faire le ratio entre la pollution que représentent la fabrication, l’achat, le stockage et le recyclage de 200 DVDs + 500 CDs + 1000 livres à celui d’un gros, méchant, très vilain ordi, avec ses deux téraoctets de disque dur, alim d’1kW (soyons fous !), et 5 ventilos (pour ceux qui n’aiment pas le watercooling).

    Harry, un ami qui vous veut du bien.

  6. [ Enikao ] said, on 6 novembre 2009 at 6:20

    @Someone Je comprends l’idée et nous ne voulons pas d’une traçabilité totale, en effet. Précision : il s’agit d’une fiction, et par exemple j’imaginais que Twitter n’autorise que 20 messages quotidiens, qu’une plateforme de blogs n’autorise que deux billets par jour et les systèmes de reconnaissance de profils pour les commentaires que 10. Bien sûr, multiplier les profils serait toujours possible mais fastidieux .Encore une fois, c’est une fiction, une réflexion sur le mode du « et si », et son objet s’attachait surtout à l’infobésité.
    Sur l’énergie, je ne suis pas là pour en débattre dans le détail car pas nécessairement pertinent ni documenté. Toutefois, affirmer que l’électricité des pays développés est nucléaire est… tout bonnement faux. La France est un cas à part. Près de la moitié de l’électricité américaine provient de centrales à charbon (environ 48% en 2008), une bonne part vient du gaz (environ 22%). Le nucléaire est un peu en-dessous de 20%, et il me semble pourtant que c’est un pays « développé ».

    PS : Boulchit n’est pas mon pseudonyme, c’est une catégorie de billets (voir le lien Handebouque).

  7. Someone WHOKNOWS said, on 7 novembre 2009 at 5:18

    L’énergie des pays développés n’est pas encore tout à fait nucléaire (ce qui viendra sans doute quand celui-ci saura se faire plus séduisant pour les masses imbéciles qui le rejettent d’emblée. gageons que la fission-hydrogène auto-entretenue avec son lot de mensonges écolo-gerbadéliques sur l’absence de résidus aura un grand rôle à jouer dans ce domaine), soit. Néanmoins, il y a charbon et charbon. Comme il y a gaz et gaz. Si la catégorie des procédés est la même, vous concevez aisément qu’on ne produit pas d’énergie à partir de charbon avec le même seuil de rentabilité, ni le même « coût environnemental » si cher à nos verts aux Etats-unis et en Roumanie. La structure joue sans doute autant que le principe en lui-même.

    Par ailleurs le choix des termes « énergie aux Etats-Unis » est judicieusement flou : Si l’on insiste avec complaisance en France sur l’hégémonie nucléaire de nos productions énergétiques et raillons nos frères d’Outre-Atlantique, on oublie de préciser que cela tient grandement à la configuration topographique de nos deux pays. Si la France était effectivement en avance en matière de nucléaire, n’oublions pas que l’énergie-carbone des Etats-unis est essentiellement … d’usage civil. Et qu’en matière d’énergie industrielle, ou pour les particuliers des villes, non seulement ils atteignent des seuils de rentabilité supérieurs aux nôtres, mais à moindre coût, de surcroît. Il convient de se demander comment la France aurait géré l’énergie à produire et convoyer à des bouseux que ça excite de vivre au fin fond de bleds paumés avec un territoire … comme celui des USA, où on peut trouver des merdaillons qui vont se percher tout seuls dans les forêts du Nord à 6 bornes les uns des autres … Je pense, pour ma part, que les plus belles réalisations à venir sont de la part de la Chine, qui a à la fois la population à fournir et les ressources (ainsi que des scientifiques de haut vol).

    Quoiqu’il en soit au sujet du coût énergétique des serveurs, je maintiens qu’il est extrêmement inférieur à l’essentiel des autres secteurs permettant d’atteindre cette valeur culturelle (je me pose ici en philanthrope) ou économique.

    PS : En fin de compte, même si la faisabilité de votre projet me semble réelle, j’en perçois encore mal l’intérêt. Je dois avouer être beaucoup plus intéressé par les concepts de darknets/freenets, qui excluent au contraire la suppression, la modération ou la censure de la moindre information, et bâtirais volontiers si j’en avais les moyens, un large VPN déréglementé où la pédo-pornographie côtoierait joyeusement les portails nazis et les délations individuelles. Un monde, un peu comme « le vrai », où les gens ne seraient pas tracés par des cookies mais par leur propre image, où la confiance aurait à nouveau un poids : quiconque divulguerait son identité ne pourrait plus jamais l’éditer. Je pense que ce web, à certains égards dangereux, plus socialement complexe, serait aussi plus sain, car il redeviendrait une extension de la vie réelle, et plus cette espèce de playground de maternelle où l’on doit marcher droit et potasser les chartes qui traînent çà et là.

  8. […] – Limiter l’empreinte numérique, favoriser la qualité, éviter de polluer : nos activités en ligne génèrent trop de bruit, pour peu de qualité. Et sui la solution […]


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