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Coïtus interruptus des articles en ligne : du kilomètre, pas du clic !

Posted in ! - Boulchit, § - Midia, Ф - Nutek by [ Enikao ] on 4 août 2009

Les médias en ligne, et plus particulièrement les versions ou les pendants en ligne des médias traditionnels, ont parfois la fâcheuse tendance à vouloir recréer l’expérience du média physique. Or sur le web on ne tourne pas les pages ! Pourtant il en est qui coupent encore un article jugé un peu long en plusieurs pages. Il faut donc cliquer sur une forme de lien pour lire la suite.

C’est plus qu’agaçant.

Il y a déjà de nombreuses années la souris d’ordinateur s’est dotée d’un appendice étonnant mais extrêmement pratique : la molette. Elle permet de faire défiler de haut en bas et inversement, tout comme les touches scroll up et scroll down que l’on utilisait auparavant. C’est formidable, on peut ainsi lire une page kilométrique (toute en longueur) sans cliquer sur une flèche ou un lien « suite » ou un numéro de page.

Malgré cette incroyable invention, il existe encore des sites d’information qui découpent en plusieurs partie. Il faut arrêter ça tout de suite. Il est insupportable d’avoir à séquencer sa lecture en ligne, un article doit être lisible dans sa totalité sans effectuer d’action supplémentaire. Cela revient à nous obliger à tourner des pages, ou à appuyer à nouveau sur play pendant un podcast audio ou vidéo. C’est simplement une aberration. Le coïtus interruptus ternit le quotidien quand il est récurrent et peine le lecteur en joie.

Le plus gênant n’est pas de devoir cliquer quand on lit sur un ordinateur, le geste n’est pas nécessairement compliqué en soi. Le calvaire débute quand on lit en mobilité sur un téléphone, en cliquant sur un lien envoyé sur Twitter par exemple. Le temps de chargement est un peu plus long, mais une fois l’article affiché il serait très aisé de le lire dans son intégralité. Le découpage oblige à charger l’article en plusieurs fois. C’est du temps perdu, et quand on voit qu’il faudra cliquer entre 3 et 6 fois pour lire un article qui pourrait être d’un seul tenant, parfois de guerre lasse on renonce ou bien on remet à un hypothétique « plus tard » qui ne surviendra jamais.

Quelques exemples de ce phénomène : chez Le Figaro Madame (découpé en 4 !), chez Newsweek, ou au Washington Post.

Plusieurs raisons peuvent éventuellement expliquer cette pratique néfaste :

  • L’organisation du site, son design, ne permet pas d’afficher plus d’une certaine longueur car il y a un pied de page et des colonnes fixes ? Mauvaise réponse. Travaillez avec des designers web qui proposent d’autres formules, mettez ce qui figure en-bas ailleurs, ou adoptez une structure souple qui s’adapte au contenu. Mais débrouillez-vous, je ne veux pas cliquer.
  • Multiplier artificiellement les clics, c’est bon pour le taux de clics ? Peut-être. Mais c’est pénible pour le lecteur. Moins de lecteurs ça fait moins de clics.
  • La publicité contextuelle autour de l’article change à chaque nouveau clic ? Il semble que non pour ce que j’en ai vu.

Alors pourquoi continuer à saucissonner les articles ?

Nota : une précision concernant le [Blok Not]. Il a été créé sur une plateforme simple d’utilisation et gratuite car l’auteur n’est pas un champion de la technologie. Si les billets sont découpés pour la plupart, c’est parce que je ne dispose pas de moyens autres pour savoir qui lit quel billet. Et le choix de wordpress.com est aujourd’hui amèrement regretté mais je n’ai pas trouvé de solutions de migration satisfaisante.

9 Réponses

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  1. Delphine Dumont said, on 4 août 2009 at 10:46

    Je suis d’accord avec toi, cette conception de la publication est archaïque et pénible. Je ferais quand même une exception : si la page est lourde (beaucoup d’images ou d’objets Flash, etc.), le découpage en plusieurs pages est préférable pour les petites connexions et la lecture sur mobile.

  2. bob said, on 4 août 2009 at 10:46

    c’est tout simple : réponse 3, la pub
    pas pour augmenter le taux de clics, mais le nombre de pages vues sur lesquelles on peut afficher de la pub, ce que l’on nomme « inventaire » dans le jargon.
    mais comme toi, je pense que ca va crever, ne serait-ce que parce qu’aujourd’hui l’inventaire est rarement rempli, et que le risque de faire chier les users est plus grand que le bénéfice recherché.

  3. narvic said, on 4 août 2009 at 11:34

    Il existe des plugin pour Firefox qui reconstituent en cours de lectures ces articles découpés. Du coup on ne s’aperçoit plus de rien… ;-)

    Le découpage sur la page d’accueil, c’est, AMHA, une autre question. Ça permet d’utiliser la page d’accueil pour un survol rapide des dernières publications.

  4. François Guillot said, on 4 août 2009 at 12:04

    Pour apporter un peu de contradiction : l’idée de « l’effet diligence » qu’avait proposée mon camarade Bruant à propos de Mediapart.

    http://internetetopinion.wordpress.com/2008/04/21/mediapart-et-leffet-diligence/

  5. [ Enikao ] said, on 4 août 2009 at 1:21

    @Delphine : mais pourquoi faire des pages trop lourdes, justement ?

    @narvic : je n’ai pas encore exploré les plugins Firefox, mais ça doit être bien pratique. En lisant dans un agrégateur on n’a plus ce problème non plus. Mais ce n’est pas à l’internaute de faire un effort pour lire le contenu. Il n’est jamais qu’à un clic de partir ou de rester… Pour la page d’accueil c’est une chose. Il faut donner des « occasions de voir » pour permettre de brosser large, cela se comprend. J’ai pris là des exemples d’articles tels qu’ils sont, à savoir découpés. Le problème de la mobilité demeure, comme celui du lien fortuit trouvé par Twitter ou Friendfeed (et donc pas lu par Netvibes ou iGoogle) quand on n’est pas équipé du bon navigateur et des bons outils associés.

    @François : merci de convoquer les penseurs qui mettent des mots sur des choses que l’on n’arrive pas à qualifier ;-) Conserver les codes, certes, mais au détriment de l’aspect pratique et sans apporter de réelle transposition d’expérience utilisateur (on charge une page mais on ne la voit pas tourner, comme sur certains lecteurs d’ebooks) c’est mal faire sur les deux plans, il me semble.

  6. Thierry said, on 7 août 2009 at 8:45

    D’accord avec Bob: réponse 2 + 3, le augmenter le nombre de clics pour augmenter artificielement la pub. C’est particulièrement vrai et visible sur les sites « féminins ».

    Une copine ayant bossé pour un site de ce type me l’a confirmé: plus de pages vues, c’est plus de pub pour le site. Ca dope les stats, quoi.

    Ceci dit, tout à fait d’accord: c’est très très chiant…

  7. […] Coïtus interruptus des articles en ligne : du kilomètre, pas du clic ! […]

  8. Phil said, on 24 août 2009 at 1:50

    Un article au kilomètre (voire un kilomètre d’article) c’est pour moi une totale aberration du point de vue des études réalisées par le pape de l’ergonomie, Jakob Nielsen.
    Si tu regardes le résultat d’une étude de eye-tracking (http://tinyurl.com/yt66zo), tu te rends bien vite compte que ton lecteur (sur le web), décroche très rapidement.
    D’où l’idée de découper l’article en plsrs pages. (Si en plus c’est bon pour la pub, alors….).
    Mais ce qui importe le plus, à mon sens, c’est que ton papier – s’il est long – doit être bien séquencé : avec de grandes thématiques plutôt que linéaire (tel qu’on le connaît sur le papier, avec début-milieu-fin).
    Autres éléments importants: la qualité informative du titre (c’est d’ailleurs en parcourant mon Netvibes que je me suis retrouvé ici), et du chapeau
    Encore mieux: tu peux même faire, en début d’article, un sommaire sous forme de liens hypertextes qui renvoient vers les différentes parties de ton sujet.

    L’idéal c’est quand même d’écrire court (2000 signes c’est largement suffisant pour des lecteurs qui n’ont pas le temps, à force de surfer sur Twitter-Facebook-Netvibes-boîte mail) et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. Salut !

  9. [ Enikao ] said, on 24 août 2009 at 4:30

    @Phil : je me doute que pour l’eye-tracking le kilomètre semble pénible, mais nous parlons ici du cas des articles déjà suffisamment longs pour justifier un découpage. Les intertitres et le chapô sont bien entendu, en plus du titre, importants pour inciter le lecteur à lire la suite. La structure du texte et son articulation doivent être soignés, je suis bien d’accord.

    Pour ce qui est du renvoi aux différentes parties, un sommaire m’agace totalement (je ne veux pas cliquer, du tout !). Les dossiers du Journal du Net sont à ce titre un repoussoir terrible. A titre de comparaison, j’aimerai savoir ce qui rebute le plus pour un long article : devoir le « descendre » ou devoir cliquer pour lire la suite, avec ce que cela compte comme temps de chargement de la nouvelle page.


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