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Overload, symptôme de la surconsommation d’un newsjunkie

Posted in ! - Boulchit, ∞ - Toudoto, § - Midia, Ф - Nutek by [ Enikao ] on 10 juin 2010

Ce blog est resté muet longtemps. Enfin, tout est relatif. Disons que par rapport à l’an dernier il est resté anormalement muet pour une durée importante. Il reprend du service sous un angle qui n’était pas tout à fait prévu, à savoir un peu de [3615 MyLife], cette [Katigoriz] que j’ai inventé pour mes gazouillis les plus personnels et les plus nombrilistes. Avec quelque part l’envie de raconter et l’envie d’expurger. Certes, [Enikao] n’est pas resté muet durant tout ce temps. Un long billet qui a mis un peu de temps à accoucher sur les mutations du langage que le clavier et les riches codes du net permet pour Owni, des commentaires ici et là, des gazouillis en nombre comme toujours (avec parfois même… de vrais gazouillis dedans si on tend l’oreille), des rencontres et discussions plus ou moins animées, des spéculations et des réflexions échangées…

Alors pourquoi la panne ? En réalité ce n’est pas une panne textuelle qui fait tourner en rond et ressasser, sans idée neuve. Bien au contraire, et c’est d’ailleurs peut-être pire. Il s’agit d’une sensation d’avoir beaucoup à dire, un trop-plein de petites remarques et de réflexions plus abouties. C’est une impression étrange et persistante d’être comme assailli par des idées, qui pleuvraient à grosses gouttes en me martelant le crâne. Chaque goutte chasse l’impression de la précédente mais contribue à un tapage de fond qui tue à petit feu.

Appelons ça overload, comme on dirait overdose pour de la came.

Précision pour la suite, je choisis le champ lexical de l’addiction à dessein, parce qu’il y a quelque chose de maladif, d’addictif et du poison dans la surcharge informationnelle.

Il est compliqué de gérer son niveau de nourriture en information quand on a des prédispositions et/ou des conditions qui favorisent la surconsommation. Il s’agit bien de surconsommation et non pas d’infobésité, qui porte en elle la notion de nourriture standard, répétitive et bourrative. La surconsommation peut -être tout à fait qualitative et variée, son problème est simplement la quantité. Elle est par exemple favorisée par plusieurs critères : une curiosité naturelle élevée,  des sujets de prédilection particulièrement riches en actualité quotidienne (en l’occurrence : politique, actualité internationale, économie, société, nouvelles technologies, médias et médias sociaux…) et un accès facilité aux sources d’information (web, smartphone, radio, TV, mais aussi l’accès gratuit à de nombreux médias pour des raisons professionnelles). Si tous les critères sont réunis, le cocktail devient nécessairement explosif pour les synapses surexcitées.

Pour me faire peur, j’ai commencé un inventaire de ma consommation frénétique afin de me rendre compte. Le résultat m’a paru, même à moi, vertigineux.

Première couche de consommation au quotidien (l’expression "consommation" est peut-être mal choisie mais je n’en ai pas trouvé de meilleure) :

  • Une émission matinale, souvent radio (Europe 1, France Inter, France Info, RMC), parfois TV (Canal+) pour varier les plaisirs.
  • Une masse de gazouillis qu’il m’est difficile d’évaluer, mais en suivant plus de 600 personnes sur Twitter qui gazouillent selon un tempo plus ou moins élevé, cela représente sans doute aisément quelques milliers de messages quotidiens parcourus et facilement une centaine de clics pour accéder aux contenus que partagent ceux que je suis. Je n’arrive désormais plus à couvrir l’ensemble de ma timeline car après 4 ou 5 heures sans connexion, certains messages ne sont plus chargés par les applications. Ils sont pour ainsi dire "stratifiés", je peux éventuellement les retrouver quand je prends le temps d’aller farfouiller mes listes, ce qui ne m’arrive presque plus. C’est d’ailleurs devenu mon premier geste matinal : lancer Echofon pour charger ma timeline.
  • Les titres de quelques quotidiens en ligne grâce aux applications iPhone idoines (Le Monde, Le Figaro, Libé, le Parisien, Rue89, 20 Minutes, L’Express, Citizenside).
  • Un ou deux quotidiens parcourus de près : Les Echos, La Tribune, Le Monde, Le Figaro, Libé, La Croix, et 20 Minutes ou Métro quand il en reste au moment où je prends les transports en commun.
  • Un agrégateurs de flux bien rempli : 19 onglets catégorisés (avec de nouvelles rubriques qui reprennent mon étrange langage frangliche, comme Misque, Elseouère et Flaiche)  contenant chacun de 10 à 30 flux environ. Il s’agit de blogs et de rubriques de médias en ligne. Même si le rythme de publication n’est pas uniforme, ça fait potentiellement beaucoup de contenus à vérifier.
  • Une revue de presse catégorisée préparée par de petites mains dotées d’un outil puissant, qui m’arrive par e-mail dans mon travail.
  • Un JT vespéral, qu’il s’agisse d’une grand-messe (TF1, France 2, France 3, plus rarement Arte et M6) ou d’un journal d’info permanente, parfois plus facile à attraper au vol quand on a des horaires erratiques (LCI, i-Télé, voire Euro News). Je n’y apprends souvent pas beaucoup de nouvelles, j’y trouve plutôt des "anciennes" excepté les enquêtes ou dossiers thématiques déconnectés de l’actualité brûlante. Ce qui m’intéresse c’est l’angle et le traitement.

Il faut compter également quelques centaines de messages publicitaires auxquels nous sommes soumis, en particulier dans les espaces publics et les transports en commun, mais aussi à la radio, à la télévision ou dans les journaux. Non seulement j’ai un intérêt particulier pour la publicité (et certaines marquent ou mettent en relief l’évolution de la société), mais c’est aussi une source de commentaires au format court sur Twitter ou de billets un peu plus fouillés.

A cela il faut ajouter aussi des lectures moins régulières :

  • Des hebdomadaires selon l’envie : Le Point, L’Express, Le Canard Enchaîné, Bakchich et Marianne essentiellement.
  • Des lectures plus pointues ou plus sectorielles, de l’Usine Nouvelle à Marketing Magazine en passant par Femme Actuelle, Senior Plus, Challenges, A Nous Paris, 01 Informatique, Action Commerciale, Paris Match et autres RIAA (Revue des Industries Agro-Alimentaires). Il se trouve que j’y ai accès gratuitement pour des raisons professionnelles.
  • Quelques newsletters (je n’arrive pas à me faire à infolettre, adaptation pourtant pas si moche), essentiellement liées aux nouvelles technologies et aux médias : CNET, ITRNews, Zataz, L’Informaticien, @SI, Journal du Net, Stratégies, CB News, auxquelles s’ajoutent quelques newsletter de marques (électronique, téléphonie, jeux vidéo, …) que je ne parcours que lorsque le titre me parle vraiment.
  • Quelques podcasts sérieux (Nouveau Monde, Place de la Toile, l’Atelier des médias, chroniques d’Alexandre Adler) ou non (Didier Porte, Stéphane Guillon, Nicolas Canteloup, Bernard Mabille, oui oui, je les assume tous).
  • Des magazines de société selon l’humeur et/ou le contenu : Geek, XXI et les projets excitants qui tentent de suivre ces pas, mais aussi Psikopat et Technikart de manière irrégulière.
  • Des émissions média (Médias Le Mag, Pif Paf, Pop Com), politiques (C Politique), des magazines d’enquête (Envoyé Spécial, Capital, Zone Interdite, Haute définition, L’Effet Papillon) ou de débat (Ce Soir ou Jamais). Sans être vraiment satisfait du traitement, j’y viens un peu en visiteur pour voir comment les choses sont présentées et pour m’interroger sur l’opinion que l’on peut se faire d’un sujet traité par ces émissions.
  • Des lectures plus épisodiques : Le Parisien  et le JDD le week-end qui sont pour moi indissociables du zinc de mes cafés de quartier, le New Yorker et Wired quand j’arrive à les trouver, Le Monde Diplomatique, quelques journaux des Balkans.

Cette section étant un peu plus informelle, les listes ne sont pas exhaustives bien entendu. Chance formidable, le sport ne m’intéresse pas. Joie ineffable : l’actualité people me dépasse. Hasard total : je ne suis pas vraiment de près les séries TV, je les picore plutôt. Cela fait autant de domaines qu’il ne m’est pas nécessaire de suivre, et c’est encore heureux.

Et bien sûr il ne faut pas omettre les réseaux et médias sociaux : Facebook (notamment pour tous les amis qui n’ont pas de blog et ne twittent pas), Viadeo, LinkedIn, Ziki, Slideshare… Curieusement c’est encore ce qui me prend le moins de temps car j’ai fortement limité les usages, souvent par manque d’intérêt pour ce qui s’y échange. J’ai arrêté de fouiller Delicious, n’ai jamais vraiment pris le temps de me mettre à Digg, je vais peu sur Trombi et Copains d’avant, j’ai presque abandonné MySpace et délaissé Hi5, je ne me sert pas personnellement des fonctions sociales de YouTube ou Dailymotion, Blip et Deezer sont utilisés parcimonieusement, je n’ai pas accroché à Spotify…

N’oublions pas non plus des moyens de communication électronique plus classiques : une boîte e-mail professionnelle et le smartphone qui y est rattaché, deux boîtes e-mail personnelles et une de plus pour [Enikao], elles aussi accessibles en mobilité mais sur un autre smartphone. Ce qui fait quelques centaines de courriers électronique par jour à traiter.

Autant dire que la journée se passe à jongler entre plusieurs sources, plusieurs flux, qu’il faut vérifier régulièrement. Et le temps s’accélère avec l’Internet en temps réel. Ce qui signifie que l’écran de mon ordinateur est ouvert presque en permanence sur Facebook, Skype, une boîte e-mail web, un client e-mail pour la boîte professionnelle, un client Twitter, en plus des applications qui sont utilisées sur l’instant : tableur, traitement de texte, présentation, traitement d’image…

Ajoutons à cela toute autre forme de communication orale (téléphone, de visu) et surtout un métier qui implique un niveau important de production, de mise en perspective et d’analyse de contenu. La coupe devient bien pleine.

(Note à ce niveau du billet : il s’en trouvera peut-être quelques uns pour venir jouer au concours de celui qui urine le plus loin et montrer qu’ils sont soumis à un flux encore plus élevé, bravo à eux. Ou d’autres pour critiquer mes choix, chacun ses mauvais goûts. Il ne s’agit ici que d’un témoignage personnel, un peu à contrecœur, mais pour les besoins de l’analyse c’est indispensable. Bien sûr il y a aussi des doublons car certains multipostent sur Twitter et Facebook, mais quand les yeux sont entrainés on lit en biais ce qu’on a déjà vu et au final l’attention est tout de même sollicitée.)

Avec un pareil niveau de bruit et un volume élevé, la saturation semble inéluctable. Quand on sait que chaque jour on a cumulé, en plus de tout cela, quelques dizaines de liens qui nous ont semblé intéressant mais que l’on n’a pas eu le temps de voir de près, et que ces liens stockés et archivés s’empilent dangereusement (compter par… centaines) sans avoir reçu un traitement, quelque chose ne tourne plus rond. Certains sont peut-être capables d’encaisser un volume plus élevé, pour ma part j’atteins une limite.

Bien entendu, la meilleure chose à faire serait de couper tout ça pour au moins quelques jours et de faire un grand ménage par le vide. Sauf que…

  • Sauf qu’automatiser une veille ne permet pas de détecter les signaux faibles, qui sont parfois particulièrement significatifs : la quantité organisée ne remplace pas l’attention fine. Certains partent du principe que du volume émergeront les tendances et que ce qui doit arriver à moi le fera de manière passive, je préfère fouiller et être un poteau indicateur qui déniche.
  • Sauf que ma curiosité est réellement élevée et que se priver d’une source de plaisir, même quand celui-ci est toxique, est toujours un acte difficile.
  • Sauf que le sentiment coupable d’avoir raté quelque chose, la frustration et la sensation de manque existent réellement. S’en rendre compte est d’ailleurs assez effrayant. Quand on part 3 semaines en vacances dans une île plutôt isolée et qu’au bout de 3 jours on file chez l’opérateur télécom local pour acquérir dare-dare une clé 3G alors qu’aucun besoin réel ne le justifie (pas d’e-mail important à vérifier ou à envoyer), on est bien dans l’usage compulsif.
  • Sauf que l’information remplit également une fonction sociale et joue un rôle de portefeuille de monnaies, que l’on échange contre d’autres choses  : attention, considération, intérêt, ou simplement… socialiser. Se sentir riche de cela et pouvoir échanger beaucoup peut devenir un besoin de fond.
  • Sauf que dénicher quelque chose et figurer parmi les premiers à avoir eu l’œil a quelque chose de grisant et jubilatoire. On a parfois ainsi le sentiment fugace et égoïste d’avoir attiré l’attention de la bonne personne et d’avoir "fait l’actualité". Il est souvent difficile de le vérifier au-delà de quelques indices (timing entre l’alerte et le traitement, choix de l’angle) sauf si c’est explicitement indiqué, par exemple dans les commentaires ici (et ça m’épate toujours autant). La reconnaissance de ce rôle de vigie n’est peut-être pas si importante, même s’il semble que la règle du trouveur ait ses adeptes et gardiens du temple.
  • Sauf que pour des raisons professionnelles il est parfois impossible de tout couper, que ce qui se passe en ligne m’est nécessaire au quotidien et que m’immerger est devenu une seconde peau. Imaginez un sommelier qui devrait cesser de boire pour se refaire une santé, tout en étant réellement passionné par son métier, encouragé à partager ses découvertes par la pratique de la dégustation et chargé de veiller au renouvellement de la cave en étant missionné pour découvrir des nouveautés. Dans ces conditions, autant dire qu’il lui est impossible de décrocher réellement.

D’un point de vue plus pragmatique, quels sont les effets de cet overload ? Contrairement à Nicholas Carr, je ne ressens pas de difficulté particulière à me lancer dans une lecture longue et ininterrompue. Certes j’ai parfois des moments de wilfing (se rendre brutalement compte que l’on est perdu et que l’on a dévié de sa trajectoire originelle) quand la sérendipité m’a amené un peu loin, mais rien de grave. Certes, comme de nombreuses personnes j’ai déporté une partie de ma mémoire vers des appareils électroniques : alors que deux décennies auparavant je connaissais par cœur une vingtaine de numéros de téléphones et autant de dates d’anniversaire, alors qu’il y a une décennie j’avais en tête au moins mon agenda de la semaine, aujourd’hui mon smartphone et Facebook sont devenus mes meilleurs alliés. Mais ceci n’est pas propre à un newsjunkie.

Un autre effet est le besoin de meubler les temps morts. Pour en avoir discuté avec d’autres personnes hyperactives, pas nécessairement hyperconnectées, la fuite en avant semble être devenue un réflexe et on cherche frénétiquement à chasser tout risque d’ennui en sollicitant en permanence ses neurones. Le multitâche prend le pas sur l’immersion réelle dans l’action. Aussi, la douche, l’ascenseur, le trajet pédestre, les transports en commun, le repassage, le repas sont autant de moments dans lesquels on ne s’investit plus à 100% et que l’on complète par d’autres activités : téléphoner, envoyer un SMS, chatter, écouter de la musique, regarder une émission ou un film (et même en mobilité), lire ses e-mails ou son courrier et y répondre… Que d’éléments indiscrets peut-on percevoir dans le métro !

Avec autant de sollicitation, la question de la capacité d’absorption et de digestion de l’information commence à être sérieusement mise à l’épreuve. Ce n’est pas tant une attention papillonnante que la surcharge elle-même qui pose problème : l’engorgement par la quantité associé à la diversité des sujets comme des formats provoque des réactions multiples. D’abord certains sujets n’étant ni traité ni réellement digérés, ils continuent à rôder de manière sournoise et à occuper une forme d’espace psychique sans trouver de porte de sortie ni de cristallisation. C’est en quelque sorte une présence obsédante qui tourne en rond. Et la multiplication des idées en attente provoque une forme de paralysie devant la multitude : par où commencer ? Ensuite, il y a la fugace impression de surfer sur le haut d’une vague gigantesque sans jamais se mouiller, comme si on effleurait à peine le sujet sans chercher des sources connexes. Ce manque de rigueur revient à bâcler le travail, ce qui se révèle vexant quand on est un tant soit peu exigeant.

Le processeur surchauffe, le plantage n’est pas loin. A ceci près que si l’on peut faire un peu d’overclocking pour booster temporairement les performances, il n’est pas envisageable de changer le processeur ou de rajouter des barrettes de mémoire : la métaphore informatique trouve rapidement ses limites.

Enfin, il y a la gestion du temps. Que l’on se rassure, il reste encore de la place pour sortir, aller au cinéma, rencontrer des gens, discuter, lire des livres, jouer à quelques jeux vidéos, tester de nouveaux services, effectuer les tâches triviales du quotidien et même laisser les cellules grises au repos. De moins en moins, mais il en reste. Dans une économie de l’attention, quand on est particulièrement sollicité, il reste peu de place pour de nouveaux entrants et toute nouvelle opportunité se fait au détriment des autres. La cannibalisation a bel et bien lieu, car pour s’engager dans une pratique nouvelle et récurrente il me faut désormais rogner sur les autres. Cruel dilemme.

Les solutions ? Le lâcher prise, sans doute, mais il m’est pour le moment interdit. Vous avez peut-être d’autres idées.

Pour aller plus loin :

9 Réponses

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  1. Amélie said, on 10 juin 2010 at 1:08  

    Cela m’a toujours étonnée que tu ne te lances pas dans l’écriture, le journalisme… alors bien sûr, tu me diras que tenir ce blog comble ton plaisir d’écrire, mais n’empêche, je trouve dommage que tu ne fasses pas profiter le plus grand nombre de ton talent rédactionnel certain, auquel vient s’ajouter cette curiosité insatiable (qui est en train de te dévorer tout cru !), deux qualités qui contribueraient à relever le niveau journalistique de certains canards. Enfin, tu as encore le temps d’y penser, je suis sûre que tu y prendrais plaisir.
    Sinon, en réaction au fond de ton post, je suis sûre qu’il existe des cliniques de désintoxication pour ce genre d’addiction (il en existe pour tout !, même pour le sexe, alors…)
    PS: bien placée, la sérendipité !

  2. Vicnent said, on 10 juin 2010 at 4:07  

    rien à ajouter, c’est parfait ! Et comme je te comprends, je suis en train de vivre la même chose. Overload, c’est déposé. En tout cas, je citerai…

    lâcher prise ? Non, mais juste en faire moins. C’est ce qui m’arrive depuis quelques mois : une activité pro plus dense et une envie de commenter moindre. Bref, se reposer du "trop".

  3. seekoeur said, on 10 juin 2010 at 8:50  

    WoW! sinon plutôt d’accord avec Amélie

  4. [...] 2. Overload, symptôme de la surconsommation d’un newsjunkie (Enikao) [...]

  5. Eric said, on 11 juin 2010 at 6:07  

    Et de quoi cette surconsommation est-elle le nom? Peut-être d’une surcharge de travail imposée dans les entreprises, doublée d’une nécessité d’être performant dans tous les domaines de la vie.

  6. narvic said, on 11 juin 2010 at 7:32  

    Après la "surconsommation" (qui mériterait d’ailleurs d’être liée à la question de la surproduction d’information…), le second temps de la prise de conscience est celui du "recul". ;-)

    L’attention se développe dans deux directions qui ne peuvent pas être simultanée: en surface (et ta couverture perso semble assez étendue, en effet ;-) ), ou en profondeur… Et chacune d’elles possède son propre tempo.

    Pour filer la métaphore alimentaire, l’analyse et la synthèse, qui demandent du recul, ne relèvent pas de l’ingestion, mais de la digestion…

    Un bon équilibre alimentaire demande de faire les deux, alternativement, puisque ce n’est pas possible simultanément.

  7. Philippe Couve said, on 12 juin 2010 at 9:30  

    @Enikao,

    Peut-être appartiens-tu simplement à l’ancien monde, le monde fini (au sens où, en mathématique, un espace peut-être fini). La profusion est une donnée du monde. L’infinitude des contenus (à l’échelle humaine aussi). Tout savoir, tout parcourir est aussi impossible que vain.

    On parle de flux (de "streams"), filons la métaphore aquatique. Soyons des pécheurs. Lorsque nous y sommes disposés allons pécher et ramenons quelques poissons qui vont nous nourrir ou nous faire plaisir. Comme nous connaissons les bons coins et les bonnes périodes, ça devrait donner de bons résultats.

    Pour le reste, construisons des parcours d’information en fonction de nos projets précis.

    Je dis ça et même temps, je ne dis rien. Je me suis assez bien reconnu dans ton témoignage ;-)

  8. [ Enikao ] said, on 13 juin 2010 at 10:27  

    @Amélie : pour l’écriture, ne suis-je pas déjà dans l’écriture ? Ecrire sous la contrainte du temps parce que le bouclage est imminent, écrire sur un rythme régulier, écrire dans un cadre défini (nombre de caractères) rendrait mes productions moins spontanées, moins pertinentes. Sans inspiration, je crains de "pisser de la copie". On peut le faire avec style, mais sans la conviction sur le fond j’aurai le sentiment de faire du tuning sur une Renault 5.

    @Vicnent : d’accord sur faire moins, mais quand on aime le travail bien fait on a le sentiment de bâcler quand on fait moins. Pas évident, hein ?

    @Eric : ce gros volume d’information n’est pas nécessairement lié au volume de travail. C’est bien là tout le problème

    @Narvic : étonnant, je n’avais pas mis de mot là-dessus mais en y réfléchissant je constate en effet un réel mouvement de balancier entre profondeur et largeur de spectre dans ma recherche d’information. Focus et grand angle alternent. Il demeure un sentiment de frustration pour celui qui doit se concentrer sur un sujet et en rate d’autres, comme pour celui qui court de sujet en sujet. Et parfois il s’agit de la même personne.

    @Philippe : si le monde était réellement fini, bien sûr que je serai triste comme Gengis Khan arrivant au bord de l’océan et déplorant qu’il n’y ait plus de terres à conquérir. Tout voir est impossible, j’en suis sûr, mais vain… Admettons que l’on puisse considérer que sur tout sujet, on doit se taire quand on ne connaît pas un minimum quelque chose. C’est à dire que l’on souhaite produire un minimum de pensée évoluée et ouvrir des débats éclairés, plutôt qu’une série d’a prioris, d’idées reçues et d’opinions infondées.
    Pour garder ta parabole de la pêche, disons que pour pêcher la truite et faire connaissance avec les autres pêcheurs de truites, j’ai plutôt intérêt à m’être un peu renseigné et à avoir mon matériel. Evidemment si j’arrive avec du matériel inadéquat et en étant convaincu que la pêche à l’esturgeon est tellement similaire à la pêche à la truite qu’on peut tout transposer, ça va mal se passer et je rentrerai bredouille.
    Et pour continuer sur cette voie : ce qui m’intéresse, c’est autant la pêche en général (et non les bons coins et la seule pêche à la mouche), que la diversité des poissons (la carpe, c’est bien, mais enfin il y a tellement d’autres choses à dénicher).
    Je crois que dans ça aussi, tu te reconnaîtras un peu ;-)

  9. See Mee said, on 14 juin 2010 at 9:07  

    J’avais commencé un commentaire, puis voyant qu’il était trop long, j’ai voul en faire un billet. Un billet est né, mais j’ai dévié en voulant contextualiser. Je reprendrai ce que j’ai mis de côté prochainement.
    Donc cet article m’a inspiré doublement ! Sur le fond, mais aussi dans la forme qu’a prise mon écriture à cette occasion. Merci donc d’avoir suscité cela.


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